4 raisons qui font que vous jouez même quand vous ne parlez pas

4 raisons qui font que vous jouez même quand vous ne parlez pas

Ah ! La grande et éternelle question de la parole au théâtre. Soyons clairs et nets, ce n’est pas parce que vous ne parlez pas que vous ne jouez pas. Un exemple très simple : Charlie Chaplin. Doit-on considérer que Charlot n’est pas un acteur parce qu’il ne parle pas ? Non, sans aucun doute. Charlie Chaplin est bel et bien reconnu comme étant un acteur majeur de notre époque.

Voici donc quatre bonnes raisons qui vous permettent de comprendre que l’on joue même si on ne parle pas :

1. Jouer c’est d’abord écouter. Écouter l’autre, votre partenaire, celui qui joue l’autre personnage. Il est impossible de jouer correctement, et avec une qualité de jeu suffisante si vous n’êtes pas en connexion avec votre partenaire. Être connecté ne veut pas dire nécessairement parler. Cela ne veut pas dire nécessairement regarder votre partenaire. C’est amener toute votre attention sur l’autre.

2. Jouer c’est faire, faire des actions, des actions sur l’autre, et pour le changer. L’autre, c’est votre partenaire de jeu, l’autre personnage votre scène.

3. Lorsqu’il ne parle pas, un acteur se doit d’être systématiquement à l’écoute de son partenaire. Écouter, c’est être encore enjeu. Les élèves, les acteurs ont souvent cette tendance à se reposer, à se mettre en « off » lorsqu’ils ne parlent plus. Et cette attitude est typique d’un acteur qui est centré sur lui et perd dans le jeu et perd la connexion avec son partenaire. Cette connexion doit exister en permanence pendant la scène. Jouer commence donc par être connecté, et vous vous devez d’être connectés tout le long de votre scène.

4. En fait, dès le moment où vous apparaissez sur scène ou devant la caméra, vous êtes en situation de jeu. Car, comme vous le savez, un acteur est quelqu’un qui joue une situation. Comme disait Charles Dullin : « Ne jouez pas les mots, jouez la situation. »

Aurélien Rocher, formateur au Studio Muller.